Trame verte et bleue

La Trame verte et bleue, l’un des engagements phares du Grenelle Environnement, est une démarche qui vise à maintenir et à reconstituer un réseau d’échanges sur le territoire national pour que les espèces animales et végétales puissent, comme l’homme, communiquer, circuler, s’alimenter, se reproduire, se reposer. En d’autres termes assurer leur survie !
Elle contribue ainsi au maintien des services que nous rend la biodiversité : qualité des eaux, pollinisation, prévention des inondations, amélioration du cadre de vie, etc.

Explications !

Sommaire

¬ La biodiversité, un capital menacé

¬ La solution Trame verte et bleue

¬ La consultation 2009 sur la Trame verte et bleue

¬ Une politique pour stopper l’érosion de la biodiversité

¬ Une action à différents niveaux

¬ Les productions du comité opérationnel Trame verte et bleue

¬ Interview de Paul Raoult, président du comité opérationnel Trame verte et bleue

La biodiversité, un capital menacé

La Trame verte et bleue s’inscrit dans les actions innovantes qui visent à stopper l’érosion de la biodiversité. Mais comment définir cette biodiversité et en quoi est-elle menacée ?

La biodiversité est un concept récent qui a pris de l’importance en 1992 au Sommet dela terre de Rio de Janeiro. Cette notion est complexe et simple à la fois. Elle recouvre l’ensemble des milieux naturels et des formes de vie existantes sur terre (plantes, animaux, champignons, bactéries, virus…) ainsi que toutes les relations et interactions qui existent, d’une part, entre ces organismes vivants eux-mêmes, d’autre part, entre ces organismes et leurs milieux de vie. Nous autres humains appartenons à une espèce – Homo sapiens – qui constitue l’un des éléments de la biodiversité.

La biodiversité, état des lieux

La biodiversité actuelle est le produit de la longue et lente évolution du monde vivant sur l’ensemble de la planète. Les premiers organismes connus datent de près de 3,5 milliards d’années. Environ 1,8 million d’espèces animales et végétales différentes ont été identifi ées à ce jour. De l’ordre de 15 000 espèces nouvelles sont décrites chaque année. 5 à 100 millions peupleraient notre planète. C’est dire à quel point le travail de recensement est loin d’être terminé. Or, dans le même temps, les experts indiquent que la moitié des espèces vivantes pourrait disparaître d’ici un siècle, compte tenu du rythme actuel de leur disparition : 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel d’extinction ! L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui présente chaque année sa Liste rouge des espèces menacées dans le monde, estime, en 2009, que 36 % des espèces étudiées par leurs experts sont menacées dont 7 plantes sur 10, 1 amphibien sur 3, 1 mammifère sur 5 et 1 oiseau sur 8 ! Près de 2 % des espèces étudiées ont d’ores et déjà irrémédiablement disparu.

Dans le contexte européen, la France est le 5e pays abritant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées (par exemple le scarabée pique-prune, le vison d’Europe…) après l’Espagne, le Portugal,l’Italie et la Grèce. Les milieux naturels ne sont pas épargnés. Sur l’ensemble de la planète, 60 % d’entre eux ont été dégradés au cours des 50 dernières années et près de 70 % sont exploités au-delà de leur capacité (tels les milieux forestiers). En France (métropole et outre-mer), environ 165 ha de milieux naturels et terrains agricoles (soit un peu plus de quatre terrains de football) sont détruits chaque jour, remplacés par des routes, habitations, zones d’activités. Cela équivaut à plus de 60 000 ha par an, soit un département comme le Savoie tous les 10 ans.

Les causes de son érosion

Des causes naturelles peuvent expliquer la disparition d’espèces et la perte de fonctionnalité des milieux mais l’érosion actuelle de la biodiversité est largement attribuable aux activités humaines. Au niveau international, cinq pressions majeures sur la diversité biologique – qui peuvent se conjuguer – ont été identifiées :

- la fragmentation (encadré) et la destruction des milieux naturels liées, en particulier, à l’urbanisation croissante, à la culture intensive et au développement des infrastructures de transport : ceci affecte tout particulièrement les prairies, les zones humides, les tourbières ;

- l’exploitation non durable d’espèces sauvages (surpêche, déforestation…), renforcée notamment par le commerce
illégal qui menace par exemple le thon rouge ou l’éléphant ;

- les pollutions d’origine domestique, industrielle et agricole ;

- l’introduction d’espèces exotiques envahissantes comme le vison d’Amérique ou les jussies ;

- le changement climatique qui peut s’ajouter aux autres causes ou les aggraver. Il contribue à modifier les conditions de vie des espèces, les forçant à migrer ou à adapter leur mode de vie, ce que toutes ne sont pas capables de faire. Le changement climatique pourrait entraîner la perte de 15 à 37 % des espèces vivantes d’ici 2050.

 

Carte d'identité de l'entreprise

Pour plus d’informations :
- La brochure Trame verte et bleue
- Site de l’Année internationale de la biodiversité : www.biodiversite2010.fr
- Site du ministère du Développement durable : www.developpement-durable.gouv.fr