La redevance incitative pour le tri des déchets

mercredi 9 novembre 2011

Plus on trie, moins on paye !

Comment baisser la production de déchets et favoriser le tri ? En mettant en place une redevance incitative. Prévue par la loi Grenelle 2, cette redevance, le Smirtom du Saint-Amandois (syndicat mixte intercommunal de ramassage et de traitement des ordures ménagères du Cher) l’a testée auprès de 59 000 habitants en 2009. Avec succès : le dépôt d’ordures ménagères résiduelles est passé de 245 kg/habitant/an en 2009 à 145 kg/habitant/an en 2010. Le directeur de la Smirtom, Jean-Baptiste Merchier, nous en explique le fonctionnement.


Quand et comment avez-vous mis en place la redevance incitative ?

Jean-Baptiste Merchier. Dans le Saint-Amandois, la collecte des déchets se fait porte à porte, même pour les zones rurales peu denses. C’est onéreux mais nous y tenons et nous sommes par ailleurs le dernier service public présent dans certains secteurs. Après une longue réflexion sur la manière de mieux trier et d’inciter les habitants à réduire leur production de déchets, nous avons opté en 2009 pour un système assez simple : chaque foyer s’est vu remettre un nouveau bac à ordures ménagères résiduelles (c’est-à-dire celles qui ne sont pas recyclables), équipé d’une puce électronique. Ce bac, qui s’ajoute aux trois autres – emballages, verres et journaux – permet d’identifier les gens et de facturer, en partie, en fonction du nombre de levées de leur bac (le calcul se fait par an).

Quels sont les résultats ?

Jean-Baptiste Merchier. Ce système a beaucoup d’avantages : entre 2009 et 2010, les dépôts de déchets ménagers sont passés de 245 kg/habitant/an à 145 kg/habitant/an. Les gens produisent moins de déchets ménagers, trient plus et font même plus de compostage. Tout a mécaniquement diminué : le poids des ordures, le tonnage enfoui, le nombre de bennes nécessaires au ramassage… Quant au coût d’investissement (deux millions d’euros dont un million de subventions Ademe), il sera amorti en moins d’un an puisque les prestations de services sont plus faibles : moins de camions, moins de circuits et plus de valorisation des déchets.

Les habitants ont-ils bien accepté cette redevance ?

Jean-Baptiste Merchier. Il y a eu des réticences au début mais, dans la mesure où ils ont fait des économies, les habitants ont adhéré massivement. Par exemple, un couple avec un enfant qui opte pour un nombre minimum de levées de son bac peut économiser 45 euros par an. Si l’argument financier reste essentiel dans ce comportement, il y a aussi une prise de conscience collective en faveur de l’environnement. Les dépôts sauvages ont augmenté, c’est vrai, mais cela reste marginal même si c’est très visuel. Depuis un an, la redevance incitative a fait la preuve de son efficacité.

Lire la fiche