Les enjeux de la biodiversité

Créé le 18 mai 2009 - Actualisé le 16 juillet 2009


> Sommaire - Trame verte et bleue : consultation du public

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Ile de Malprat / Source : Laurent Mignaux - MEEDDAT

Après 4 milliards d’années, la terre connaît une situation inédite, qui fait dire à certains scientifiques que nous sommes à l’aube de la 6ème extinction des espèces. Quelques données suffiront à étayer la démonstration. Le taux d’extinction des espèces est depuis quelques siècles 1000 fois supérieur à celui que l’on évalue tout au long de l’histoire de la planète. Le résultat pour la France métropolitaine est qu’en 2009 19% des reptiles, 21% des amphibiens, 26% des oiseaux nicheurs et 9% des mammifères sont menacés.

Cette dégradation de la biodiversité procède de plusieurs facteurs :
- appauvrissement du capital génétique du fait de la fragmentation des territoires
- diminution des aires de nourrissage, de nidification ou de repos
- installation d’espèces envahissantes
- surexploitation des espaces et ressources naturels
- changements climatiques
- pollutions …

Les conséquences sont visibles : 60 % des services vitaux fournis à l’homme par les écosystèmes sont en déclin alors que 40% de l’économie mondiale ainsi que la subsistance d’une grande partie de l’humanité dépendent directement de ces écosystèmes.

Cet appauvrissement de la biodiversité a un coût ! De l’ordre de 3 100 milliards d’euros par an, soit 6% du PIB mondial, selon le rapport d’étape de l’étude lancée début 2008 par la Commission européenne et coordonnée par l’économiste indien Pavan Sukhdev.

L’action est donc plus que jamais essentielle pour répondre à l’enjeu.

Une mobilisation mondiale, une ambition nationale

En 2002, lors du sommet du développement durable à Johannesburg, la communauté internationale s’est saisi de cet enjeu mondial et s’est fixée l’objectif de réduire la perte de biodiversité à l’horizon 2010.

La France, de par sa présence sur 4 continents et au bord de 3 océans, au 4ème rang mondial des pays abritant le plus grand nombre d’espèces animales menacées et au 9ème rang pour les plantes menacées, porte une responsabilité majeure en matière de préservation et de restauration de la diversité biologique. C’est la raison pour laquelle elle s’est doté dès 2004 d’une Stratégie nationale pour la biodiversité.

Avec le Grenelle Environnement, elle va plus loin et s’apprête à mettre en œuvre des dispositions très audacieuses. La constitution d’une Trame verte et bleue nationale est une mesure phare de cette ambition. Véritable outil d’aménagement du territoire, sa vocation est de permettre la création sur l’ensemble du territoire national de « continuités écologiques » indispensables à la survie de très nombreuses espèces.

Les enjeux de biodiversité doivent aujourd’hui être intégrés à toutes les échelles des politiques publiques, du national au local, dans tous les secteurs d’activités. Chaque acteur doit prendre pleinement conscience du rôle majeur qu’il a à jouer en la matière. La consultation Trame verte et bleue entend contribuer à cette prise de conscience nationale.